Crédit: BAM
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L'Association Sol do Sul vous présente Un Brésil différent !
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Le Rio Grande do Sul dans la carte géographique de l’Histoire

 

L’Etat le plus méridional du Brésil a été rebelle dès le début de sa colonisation européenne. Quand l’Espagne et le Portugal, en 1494, deux ans après l’arrivée de Christophe Colomb au Nouveau Monde, ont signé le Traité de Tordesillas, l’espace géographique actuellement occupé par le Rio Grande do Sul était un territoire destiné à l’Espagne. Par conséquent, Il était en dehors des premières cartes géographiques du Brésil.

Rappelons-nous un peu. D’après le Traité de Tordesillas (que le Roi François I a critiqué âcrement à cause de l´exclusion de la France), toutes les terres à être découvertes à l´ouest du méridien qui passe à 360 lieues de l´Archipel du Cap Vert seraient du Portugal. À partir de cette ligne imaginaire, elles appartenaient à l´Espagne. Ce qui n´a pas été une bonne affaire pour le Portugal. Et cela parce que, en considérant la carte géographique actuelle du Brésil, la ligne commence au nord à Belem, la capitale de l´Etat du Pará, et descend vers le sud jusqu´à la ville de Laguna, dans l´Etat de Santa Catarina. Une bande de terre longue de sept mille kilomètres, Il est vrai, mais qui laisserait en dehors du Brésil 80% environ de nôtre actuel territoire de huit millions et demi de kilomètres carrés. À part le Rio Grande do Sul, l´État de Minas Gerais, le Pantanal du Mato Grosso, presque toute l´Amazonie et même Brasilia seraient dehors de nôtre carte géographique.

 

Pourquoi Rio Grande do Sul?

           Une chanson populaire informe aux touristes que la voie urbaine la plus connue de Porto Alegre, la capitale du Rio Grande do Sul, est la Rua da Praia (Rue de la Plage) comme la population l’appelle, est une rue qui n’a pas de plage, qui n’a pas de rivière. Où les sirènes portent des jupes et ne pas des maillots de bain... Cela se passe parce qu’une grande partie de la ville a été terrassée, éloignant la rivière Guaïba de la première rue ouverte dans la ville.

            Historiquement, Il se passe la même chose avec le Rio Grande do Sul (Grande Rivière du Sud) ou il n’existe aucune rivière avec ce nom. À l’exemple de Rio de Janeiro (La Rivière de Janvier), dont l’entrée de la Baie de Guanabara a été confondue avec l’embouchure d’un fleuve, les premiers navigateurs portugais de l’Atlantique Sud ont confondu l’embouchure d´une lagune (Lagoa dos Patos) avec une grande rivière, le Rio Grande do Sul. Et cet endroit, où se trouve actuellement le Port du Rio Grande, un des plus importants du Brésil, n’a pas été colonisé par les portugais qu’à partir de l’année 1737, cela veut dire, plus de deux siècles après l’arrivée de Pedro Álvares Cabral aux côtes de Bahia, en 1500. Et ce port n’est pas devenu véritablement important qu’après 1912, quand les travaux entrepris sous l’orientation d’ingénieurs français ont permis l’accès de navires de grand tirant d’eau.

           

Les premiers habitants du Rio Grande do Sul

Faites attention qui nous n’avons pas dit la découverte du Brésil et si l’arrivée des portugais au Brésil, malgré le grand respect qui nous avons pour notre ethnie portugaise. En vérité, d’après des anthropologues de grande notoriété, d’entre eux Darcy Ribeiro, le premier recteur de l’Université de Brasilia, il y avait déjà de huit à dix millions d’habitants au Brésil dans la dite année 1500. Dans le territoire du Rio Grande do Sul, où se trouvent des vestiges de la présence humaine avec des datations de dix mille ans, ils vivaient déjà à peu près deux cents mille indiens, appellation extravagante faite par les espagnols et les portugais qui croyaient au début que le territoire américain faisait partie des Indes Occidentales.

De ces deux cents mille indiens, la plupart étaient des Guaranis, migrants venus de l’Amazonie il y avait mille ans, environ, des Caingangues et des Charruas. De ces derniers, qui habitaient notre région frontière avec la République Orientale de l’Uruguay, nous possédons quelques tableaux du peintre français Debret (XIX siècle) qui nous rappelle de leur phénotype et de leurs habitudes et coutumes de cavaliers indomptables. Mais ce sont les Guaranis les indiens qui ont laissé les traces historiques les plus importantes au Rio Grande do Sul.

             

Les Sept Peuples des Missions

            Le Rio Grande do Sul a beaucoup de richesses cultures et une d’elles a été reconnue par l’UNESCO comme Patrimoine de l’Humanité. Il s’agit des ruines de São Miguel Arcanjo (Saint Michel Archange), le plus important des Sete Povos das Missões (Sept Peuples des Missions), qui formaient pendant les XVIIème et XVIIIème siècles, en ensemble  avec 26 autres villes situées dans l’actuel territoire de l’Argentine et du Paraguay, la dite République Socialiste Chrétienne des Guaranis. Cette extraordinaire expérience économique, sociale et culturelle réalisée sous l’orientation des jésuites, qui a préservé de l’extermination plusieurs milliards d’indiens et a possibilité que les guaranis puissent révéler leurs talents d’artisans et d’artistes dans l’architecture, la sculpture, la musique, aussi bien que dans l’agriculture et l’élevage, a mérité de Voltaire l’épithète de Triomphe de l’Humanité. De 1735 à 1745, les indiens de Saint Michel Archange ont bâti une cathédrale digne d’une grande capitale d’Europe. La ville possédait 10 mille habitants du temps que Buenos Aires en avait 15 mille.   Ses ruines sont visitées par des touristes du monde entier et son grand lieder, Sepé Tiaraju, est reconnu de nos jours comme l’un des héros de l’Histoire du Brésil. Son cri de guerre contre les envahisseurs : Co yvy oguereco yara (Cette terre nous appartient) se transforma en une phrase lapidaire de la lutte pour l’indépendance en Amérique Latine et pour la valorisation de l’ethnie des indiens.

 

Le Traité de Madrid et la fin de la République des Guaranis

           En 1750, le Portugal et l’Espagne ont signé le Traité de Madrid qui livrait aux portugais le territoire occupé par les Sept Peuples des Missions en échange de la Colonie du Sacrément (actuelle ville historique de Colonia, en Uruguay), une enclave commerciale portugaise qui confrontait Buenos Aires de l’autre côté du Rio da Prata. 

Pour prendre possession de la région des Missions, qui représentaient deux tiers de l’actuel territoire de l’Etat du Rio Grande do Sul, le Portugal décida d’apporter des colons des Îles des Açores qui se trouvaient surpeuplées. Néanmoins, quand les premiers levées d’açoriens sont arrivés, les indiens guaranis étaient encore dans leur territoire et y restèrent jusqu’à 1756, résistant bravement contre l’invasion des armées portugaise et espagnole. Ainsi, jusqu’à la mort du líder Sepé Tiaraju en combat et la fuite des indiens survivants pour l’autre berge de la rivière Uruguay, les açoriens furent obligés à s’installer dans des différents locaux du littoral du Rio Grande do Sul. 

 

            La culture açorienne au Rio Grande do Sul

Jusqu’à nos jours, ils sont fortes les marques de la culture açorienne dans des villes comme Rio Grande, Pelotas, São José do Norte, Mostardas, Tavares, Santo Antônio da Patrulha, Rio Pardo, Piratini, Viamão et Porto Alegre, entre autres. Cette influence est bien claire dans l’architecture, le folklore, l’art culinaire. La plupart des anciennes familles du Rio Grande do Sul sont d’origine açorienne. C’est avec la matrice açorienne qu’une grande miscégénation a transformé notre Etat en le plus important du Brésil vis-à-vis de ces différentes ethnies. Miscégénation avec des indiens, africains, espagnols, allemands, italiens, polonais, juifs, arabes, japonais, parmi d’autres. Une matrice généreuse dont nous avons hérité la langue portugaise et la capacité pour une cohabitation harmonieuse, sans préjugés et xénophobies.

           

            Le bétail des Missions, le commerce de mules et l’apparition du gaúcho

            Les brésiliens nés au Rio Grande do Sul sont appelés gaúchos. Ce mot, d’une étymologie controverse (pouvant même être dérivé du vocable français gauche) a désigné au début un type humain métis de blanc, d’indien et de noire qui s’occupait de la capture du bétail abandonné par les indiens des Missions après l’invasion de leur territoire (deux millions environ de têtes de bovins). Cette grande richesse “héritée” des guaranis a été décrite par le naturaliste français Auguste de Saint Hilaire dans son livre Voyage au Rio Grande do Sul (observations faites pendant les années 1820 et 1821). Il s’agissait de tuer des animaux errants, des bovins de longues cornes desquels ils ne profitaient que du cuir et de la suif pour les vendre sur place ou les transporter dans des chars à bœuf jusqu’à les ports de Pelotas, Rio Grande ou Montevideo.

            Ce type humain qui a donné l’origine à l’histoire et la légende du cowboy du Sud du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay, s’occupait aussi du transport de mules dans des longues marches jusqu’à São Paulo où les animaux étaient vendus pour des chercheurs d’or et de diamants de Minas Gerais.

            Soit comme changador (celui qui tuait le bétail pour vendre le cuire et la suif, abandonnant la viande aux vautours), soit comme tropeiro (celui qui conduisait les troupeaux de mules ou de bovins) le gaúcho se distinguait pour ne pas se fixer nulle part (tempérament nomade, ou gaudério), par son caractère indépendant et belliqueux, par son habilité pour prendre au lasso ou faire tomber des chevaux sauvages avec des boleadeiras,  les dompter, et servir aussi comme des soldats dans des guerres et des révolutions.

            Dans ce dernier cas, le gaúcho se transforma en soldat en raison de l’instabilité des lignes de division du Brésil avec l’Uruguay et l’Argentine. Pour cette raison, malgré certaines caractéristiques qui les distinguent des autres habitants du Brésil, la vérité est que les gaúchos sont des brésiliens par option. Aucun autre peuple du Brésil n’a tellement lutté pour son pays, pour l’intégrité de ses frontières, comme le gaúcho.

 

            Expointer, la plus importante exposition agricole de l’Amérique Latine

            Grâce à son climat, et à la liaison historique des habitants du Rio Grande do Sul avec l’élevage et l’agriculture, c’est ici qui a débuté au Brésil l’introduction de bovins d’origine européenne (y compris le Charolais), la sélection zootechnique des chevaux Crioulos et de moutons producteurs de viande et de laine. Et il est justement au Rio Grande do Sul, dans la ville de Esteio, à une vingtaine de kilomètres de Porto Alegre, qui se déroule tous les ans la fameuse Expointer, notre Salon de l’Agriculture, la plus grande exposition agricole du Brésil et une des plus importantes du monde.

            C’est dans l’Expointer qui se réalise les épreuves finales du Mors d’Or, un concours de manège de chevaux Crioulos qui attire des milliers de personnes pour apprécier les habilités extraordinaires des chevaux et des cavaliers.

 

La Guerre des Farrapos et la légende du séparatisme du Rio Grande do Sul

            Étant donné son annexassions tardive au Brésil, au plusieurs guerres de frontière et à sa situation géographique dans l’extrême méridional, le Rio Grande do Sul a été laissé en situation d’abandon par l’Empire Brésilien. Pour cette raison, de 1835 à 1845, une grande partie des gaúchos a participé d’une révolution républicaine appelée Révolution Farroupilha ou Guerre des Farrapos (Guerre des Guenilleux).

            En réalité, quand le Colonel et Député Provincial Bento Gonçalves da Silva a commencé ce mouvement inspiré par la Maçonnerie, la province avait comme industrie unique la production de charque (mot d’origine quitchua que signifie viande séchée au soleil) et ce produit était taxé avec des impôts écorchant. Même après l’indépendance du Brésil (1822) et l’arrivée des premiers colons allemands (1824), qui ont commencé par son propre compte une industrie incipiente du cuir et des chaussures (aujourd’hui une des plus importantes du Rio Grande do Sul), la province n’avait pas d’écoles, des routes, des ponts, d’hôpitaux, des pouvoirs Législatif et Judiciaire.

Après de longues tratatives avec le pouvoir central, les libéraux ont obtenu que fuisse installée une Assemblée Législative, en avril 1835. Au mois de juillet de la même année, le président de la province, Fernandes Braga, nome par l’Empire, ferma manu militari la Maison parlementaire. Ça fut l’étincelle qui alluma la révolution. Le 20 septembre 1835 (dont l’anniversaire est la date la plus importante du Rio Grande do Sul), Porto Alegre est prise par les révolutionnaires, Fernandes Braga s’enfuit vers Rio de Janeiro et le peuple dance dans les rues.

            Un an après ces faits, le 11 septembre 1836, fut proclamée la République Rio-Grandense qui devait durer, toujours en guerre contre l’Impaire, jusqu’à 1845, quand fut signé la paix et fut dissoute la première République dans le territoire brésilien.

            Un tel évènement fait que plusieurs malavisés, même actuellement, considèrent que la Guerre des Farrapos aurait été faite tout simplement pour séparer le Rio Grande do Sul du Brésil. Cette conclusion n’est pas véritable. Le grand but de la Maçonnerie, à laquelle appartenaient Bento Gonçalves, Gomes Jardim, Giuseppe Garibaldi (qui affirmait qu’il avait appris dans le Rio Grande do Sul les tactiques de guerre qu’il irai employer plus tard pour l’unification de l’Italie), Luigi Rossetti (qui a fondé le journal O Povo) et beaucoup d’autres, était de créer des républiques chez toutes les provinces brésiliennes et les unifier dans la Fédération Républicaine du Brésil. Ce fait est nettement exposé par Bento Gonçalves dans le journal O Povo, y compris quand il affirme sa gratitude envers les républicains de Bahia qui l’avaient libéré d’une forteresse impériale à Salvador et l’aidèrent à retourner au Rio Grande do Sul. Une autre preuve que le séparatisme n’était pas le but de la révolution est l’appui donné par les gaúchos à la République de Santa Catarina (installé à Laguna en juillet 1839).

 

Fêtes Farroupilhas, la grande commémoration populaire

Dans nos jours, les Fêtes Farroupilhas sont commémorées dans toutes les cinq cent villes du Rio Grande do Sul, mobilisant quelques dix millions de personnes de toutes les âges et de toutes les conditions sociales. Le Campement Farroupilha, à Porto Alegre, est devenu une véritable ville scénographique, ou folklorique, qui attire pendant un mois le peuple gaúcho et des touristes du monde entier. Le 20 septembre est un jour de fête officielle dans tout l’Etat et pendant ce jour se déroule des défilés à cheval d’inspiration historique qui rassemblent plusieurs milliers de cavaliers (hommes, femmes et enfants) habillés de vêtements typiques du folklore gaúcho.

           

            Liberté, Égalité et Humanité

            Pour ces raisons historiques, ce n’est pas par hasard que le siège de l’Assemblée Législative du Rio Grande do Sul s’appelle Palais Farroupilha et le Palais Piratini (nom de la première capitale républicaine), édifice magnifique d’inspiration néogothique française, soit le siège du gouvernement de l’Etat.

            Chez les deux palais flottent le drapeau vert jaune du Brésil (notre patrie) e le drapeau du Rio Grande do Sul (notre querência, l’endroit où nous sommes nés). Ce dernier a les couleurs vert jaune du Brésil et une bande de couleur rouge en hommage à la République. Il étale aussi un blason d’inspiration maçonnique avec la phrase héritée de la Révolution Française : Liberté, Égalité, Humanité.

 

Alcy CHEUICHE